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L’UMS RÉCLAME DES MESURES DISCIPLINAIRES À L’ENCONTRE DU POLICIER EN CAUSE

L’Union des magistrats sénégalais (Ums) vit l’interpellation de leur collègue Boubacar Ba par la police comme un affront. Très en colère, Ousmane Chimère Diouf et ses camarades ont écrit au garde des Sceaux pour demander des mesures disciplinaires à l’encontre de l’agent en cause.

Dans une longue correspondance datée du 13 septembre et signée par son président envoyée au garde des Sceaux, par ailleurs, leur ministère de tutelle, l’Union des magistrats sénégalais a rejoué le film de l’interpellation du magistrat, Boubacar Ba.

En effet, dans son message à Me Malick Sall reçu hier à L’As, Ousmane Chimère Diouf et ses camarades ont décrit une intention manifeste de l’agent de police de nuire et d’humilier leur collègue. C’est pourquoi Ousmane Chimère Diouf et ses camarades ont demandé au ministre de la Justice de saisir son homologue de l’Intérieur pour que des mesures disciplinaires à la mesure de la gravité des faits soient prises à l’encontre de l’agent en cause. Mais aussi, ajoutent-ils, pour que des instructions utiles soient données au sein du ministère de l’Intérieur pour que pareille situation ne se reproduise à l’avenir. Car, ils se disent convaincus que la Police nationale ne cautionnerait pas les actes infligés à leur collègue.

Pour la petite histoire, il y a quelques jours, une vidéo largement diffusée dans les médias montrait un agent de police s’en prendre ouvertement à un magistrat en service à la Cour des comptes, du nom de Boubacar Ba. « Son visionnage permet de constater que ledit agent, surgi d’un véhicule, sous le prétexte que le sieur BA aurait jeté des déchets sur la chaussée et brandi sa qualité de magistrat, s’en est violemment pris à lui, se donnant en spectacle sur la voie publique devant les automobilistes passants et se permettant même d’user de menaces et d’intimidation à son encontre. Malgré l’intervention de son collègue, préposé à la circulation, qui essayait de le calmer, et la retenue observée par le magistrat, il a continué à s’acharner sur lui. Dans son excès de zèle, l’agent, outre une intention manifeste de nuire et d’humilier ce dernier, essayait visiblement de se donner l’image d’un policier intraitable, même face à un magistrat.

Pis, notre collègue a été filmé sans son consentement, en violation flagrante et délibérée de son droit à l’image, avec la complicité active dudit agent de police, par l’acolyte de ce dernier qui était sorti du même véhicule pour le rejoindre », rapporte l’Ums dans sa correspondance avec des ampliations aux Premiers présidents de la Cour suprême, de la Cour d’appel et de la Cour des comptes ainsi qu’aux Procureurs auprès des dites Cours.  » D’ailleurs, il est apparu dans la vidéo que pendant qu’il lui criait dessus avec des propos désobligeants en le pointant du doigt, le policier a délibérément bloqué la portière ouverte du véhicule du magistrat, rendant vaines ses tentatives de la refermer, pour permettre à cet individu de continuer à filmer, occasion également saisie par ce dernier pour assortir la vidéo de commentaires négatifs qui, à l’instar des propos de l’agent, qui s’est même tourné vers le vidéaste amateur pour en rajouter, laissaient déjà transparaître leur intention de la partager avec des tiers. La preuve et le comble de cette entreprise malveillante furent la diffusion de la vidéo dans les réseaux sociaux, qui a exposé le collègue à un lynchage médiatique ayant fini d’être préjudiciable non seulement à sa personne, aux membres de sa famille et à l’institution où il sert, mais aussi à toute la magistrature, comme en témoignent les multiples complaintes de nos collègues qui se sont sentis visés et offensés », s’égosille l’Ums.

En effet, d’après Ousmane Chimère Diouf et ses camarades, l’insolence, l’agressivité et la désinvolture avec lesquelles ce policier s’est adressé à un magistrat dans une vidéo rendue accessible au grand public, au-delà de la personne de M. Boubacar BA, traduit une volonté manifeste de déconsidérer les fonctions de magistrat et de saper l’autorité qui y est attachée. De tels comportements, qui sont à dissuader, selon l’Ums, ne correspondent pas à ce que l’on est en droit d’attendre des forces de défense et de sécurité, surtout vis-à-vis des magistrats, le respect, la courtoisie et la délicatesse devant, en tout, prévaloir dans leurs rapports dont la bonne qualité est un impératif pour la République. Par ailleurs, ils participent à exposer et fragiliser les magistrats et, partant, l’institution judiciaire dans son ensemble ».

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