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Équipe Nationale Féminine : Les Lionnes, suffisamment prêtes et armées pour les barrages de la Coupe du Monde ?

Il semble que depuis son existence, l’Equipe Nationale féminine du Sénégal n’a jamais été aussi forte. Après une participation honorifique à la CAN 2022 et une série de victoires impression- nantes, les Lionnes sont, au moins, prêtes à donner le maximum pour se qualifier en phase finale du prochain Mondial, car tout est possible.

Alors que la première Coupe du Monde féminine s’est déroulée en 1991, il faut attendre onze ans plus tard pour assister au premier match officiel de l’Histoire de l’Equipe Nationale féminine du Sénégal. Cette rencontre, remportée 3 buts à 0 face au Ghana, rentrait dans le cadre des qualifications au Mondial 2004. Mais les Lionnes avaient échoué à la suite des phases éliminatoires. Ce qui a d’ailleurs été le même cas lors des éditions suivantes (2007, 2011, 2015 et 2019). Mais après tant d’années de poursuite (et non d’échec), la boule va peut-être tournée, et le Sénégal sera présent à la Coupe du Monde en Australie et en Nouvelle-Zé- lande du 20 juillet au 20 août 2023.

2021-2022, UNE PÉRIODE FULGURANTE

Disputant les éliminatoires à la Coupe d’Afrique des Nations 2022 en passant par les matchs amicaux, le Sénégal a impressionné et attiré une attention très particulière bien plus qu’il n’a jamais su le faire auparavant. Face au Liberia en octobre 2021, les Lionnes n’avaient presque pas tremblé pour assurer leur qualification au dernier tour menant vers la CAN, s’imposant à l’aller (1-2) comme au retour (6-0). Opposées au Mali pour le dernier tour, en février 2022, elles ont réussi à battre les Aigles, à Thiès (1-0). Ensuite, une victoire aux tirs au but, à Bamako, les qualifiait défini- tivement à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations.

Pour préparer les premières échéances de la compétition, Safietou Sagna et ses partenaires ont disputé trois matchs amicaux, dont une double confrontation face au Cameroun.
Face à l’une des plus grandes nations du football féminin du continent, elles ont d’abord réussi à tenir un valeureux 2-2, avant de s’incliner par la « minima » face aux Lionnes Indomptables. Puis en fin de préparation, les Sénégalaises ont tenu tête à la Tunisie (0-0). Des résultats certes qui n’ont pas été soldés par aucune victoire, mais le contenu commençait à faire naître beaucoup d’espoirs, tant pour les joueuses que pour les supporters.

UNE CAN DANS LES MÉMOIRES

L’air du commencement d’apprentissage, 2012 était la première participation du Sénégal à la Coupe d’Afrique. Une décennie plus tard, les Lionnes vont se révéler devant le plus grand public. Logées dans un Groupe A avec le Maroc, pays hôte, l’Ouganda et le Burkina Faso, les Sénégalaises savaient dès le début qu’elles avaient une belle carte à jouer dans cette poule. Et pour le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles n’ont pas manqué à saisir brillam- ment leurs chances. Avec deux victoires d’entrée, d’abord face aux Ougandaises (2-0) puis contre les Burkinabés (1-0), et une défaite sans conséquence contre les Lionnes de l’Atlas (0-1), elles franchissaient l’obstacle des groupes pour se hisser pour la première fois au second tour.

En quarts de finale, peu sont ceux qui osé miser sur les Lionnes. En effet, devant elles se dressait la Zambie qui venait de participer aux Jeux Olympiques et qui avait dans ses rangs de joueuses professionnelles. Autant dire que le morceau était gros. Au final, il y a certes une défaite mais que c’était cruel, car la bande à Safietou Sagna s’était inclinée seulement après les tirs au but après avoir tenu très bon pendant 120 minutes (1-1). Quatre jours plus tard, elles arriveront à laver plus au moins l’affront de cette défaite cruelle en battant la Tunisie en match de classement. Un succès aux tirs au but qui vaut aujourd’hui une qualification pour les barrages d’acces- sion à la prochaine Coupe du Monde.

PASSER AU MOINS L’OBSTACLE HAÏTIEN 

Après leur épopée à la Coupe d’Afrique des Nations, les Lionnes ont dû attendre plus de huit mois pour se retrouver sur les terrains et disputer le Tournoi UFOA/A 2023, qui vient tout juste de prendre fin. Tenantes du titre, elles vont tout ravager au Cap-Vert pour conserver leur couronne, en battant tour à tour la Guinée (4-0), la Gambie (4-1), la Sierra Leone (4-0), la Guinée-Bissau (4-0), puis le Cap-Vert. Partout, les Sénégalaises n’ont pu compter sur des joueuses comme la capitaine Safietou Sagna, Awa Diakhaté, Mbayang Sow ou encore Mama Diop, qui ne pouvaient pas être libérées par leurs clubs respectifs à savoir le FC Metz et l’Olympique de Marseille.

Après leur retour au Sénégal, le sélectionneur, joint par notre rédaction, a nettement salué ce parcours. « Ce tournoi était pour nous une occasion d’avoir des matchs de préparation dans un contexte de compétition. Nous avons joué 5 matchs avec un groupe de joueuses très jeunes et évoluant toutes dans le championnat national sénégalais. On a gagné tous nos matchs en marquant 17 buts et en en encais- sant un seul sur pénalty. On a eu la meilleure attaque, la meilleure défense, la meilleure gardienne et la meilleure buteuse (avec 9 buts). Toutes les joueuses ont eu l’occasion de jouer au moins un match ce qui nous a permis d’avoir une idée réelle sur le potentiel des unes et des autres. Ce tournoi nous a donné beaucoup de repères fiables et cela nous permet de travailler avec beaucoup plus de certitudes par rapport à notre effectif et par rapport à notre philosophie de jeu », s’est satisfait Mame Moussa Cissé.

« ON EST UNE ÉQUIPE SOLIDAIRE, QUI VIT COMME UNE FAMILLE »

Suffisant pour venir à bout d’Haïti ? En tout cas, dans exactement deux semaines, le 18 février très, tant les regards que les espoirs sénéga- lais seront tournés à Albany, dans la banlieue d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, où les Lionnes vont en découdre face aux Grena- dières à l’occasion du premier tour des barrages du Mondial. Sortant d’une période euphorique, les Lionnes semblent bien armées pour déjouer les pronostics face à une équipe haïtienne un peu un cran en-dessus car ayant dans ses rangs plusieurs pensionnaires dans le championnat français. On peut notamment citer des joueuses comme Melchie Daëlle Dumornay, Nérilia Mondésir, Chelsea Surpris ou encore Kethna Louis. Mais dans tous les compartiments, le Sénégal sera prêt.

« Durant ce tournoi UFOA, notre équipe a montré beaucoup de potentiel, autant sur le plan collectif qu’individuel. À chaque fois qu’on a joué sur notre vraie valeur, on a fait la diffé- rence. Défensivement, Nous avons une bonne organisation, et sur le plan offensif, on a des arguments à faire valoir. Il s’y ajoute qu’on a un grand potentiel sur le plan physique en plus d’être une équipe solidaire qui vit comme une famille », précise le sélectionneur Mame Moussa Cissé. Au niveau de l’équipe sénéga- laise, des joueuses retiendront sans doute l’attention des Haïtiennes puisque le Sénégal commence à exporter en France, notamment en D1 Féminine.

C’est le cas de Safietou Sagna (FC Metz), Ndèye Awa Diakhaté, Mbayang Sow et Mama Diop (Olympique de Marseille). Il suffit de voir leur prestation en club. En tout cas, pour battre Haïti – une équipe qui, malgré des derniers résultats peu à son avantage, sait jouer contre de grandes nations comme les Etats-Unis ou encore le Portugal -, et se dresser sur le chemin du Chili de Christiane Endler, il faut tout d’abord y croire. Cela arrivera forcément avec une très bonne préparation et une très accli- matation en Nouvelle-Zélande.

Et c’est justement la volonté du staff et de l’équipe qui prennent la direction d’Auckland dès ce vendredi. « On compte voyager à partir du 03 février pour avoir 15 jours de préparation sur place, nous révèle Mame Moussa Cissé. Cela nous permettra de digérer le long voyage (presque 26 heures) et de nous adapter au décalage horaire (12 heures). Nos expatriées nous rejoindront après leur match du 12 février en club », nous révèle Mame Moussa Cissé.

HAPSATOU MALADO DIALLO, LE FACTEUR X ?

Plus les années passent, plus, sans doute, l’Equipe Nationale féminine du Sénégal regorge un immense potentiel. Si Ndeye Awa Diakhaté, de par sa notoriété, notamment sur les réseaux sociaux, sa personnalité et surtout son talent de footballeuse, attirait plus l’attention du public depuis plus de deux années, une parte- naire lui a carrément volé la vedette : Hapsatou Malado Diallo. En l’espace de quelques mois, l’attaquante de l’Union Sportives de Parcelles-Assainies s’est donné le droit d’être adulée, grâce à ses excellentes prestations, en dépit de son âge cadet.

Brillante lors de la Coupe d’Afrique des Nations, HMD a confirmé durant le Tournoi UFOA/A en survolant tout sur son passage. Vive, virevol- tante, intenable et clinique, elle a fait vivre un cauchemar aux défenses adverses, et terminé meilleure buteuse de la compétition avec 9 buts en 5 matchs. Elle a, sans doute, gagné une place titulaire dans le onze idéal de Mame Moussa Cissé.

wiwsport.com

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